EDITO : Bouteflika, ou le nouveau défi Algérien

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La présidence algérienne l'avait annoncé : Abdelaziz Bouteflika se représente à l'élection présidentielle pour la cinquième fois d'affilé. Il ne fait pas de doute que le président gagnera cette élection et établira un nouveau record de longévité, l'ancien étant détenu par Houari Boumédiène, qui était resté à la tête de l'Algérie pendant 13 ans. Du moins c'est ce que nous pensions au sein de Politique 360, et c'est ce que pensaient les Algériens et la plupart des gens d'ailleurs. Néanmoins, suites aux manifestations, la pression ne cessant d'augmenter, les vidéos de policiers serrant les mains de manifestants se diffusant un peu partout sur internet, il n'était plus envisageable de reconduire un mandat supplémentaire sans risquer de créer une révolution qui aurait changé l'Algérie, et peut être même son système démocratique. Qui sait quelles en auraient été les conséquences...
Néanmoins, A. Bouteflika n'a qu'à moitié entendu son peuple. En effet, par ce que l'on pourrait qualifier comme étant un tour de passe-passe politique, ou d'une esbroufe, l'actuel président algérien... annule les élections pour rester au pouvoir ! Donc oui, Abdelaziz Bouteflika renonce à son 5e mandat et évite donc de devoir dévoiler en détail son état de santé, lui qui était hospitalisé aux hôpitaux universitaire de Genève pendant environ 2 semaines, mais s'accroche au pouvoir pendant encore un an, voir plus.
De plus, c'est une Algérie en panne, ce que cette crise démocratique ne va pas arranger, à laquelle l'opposition doit faire face, et répondre aux attentes des concitoyens. Le pays est immensément riche, mais la corruption, et une rente de l'état basé uniquement sur la vente d'hydrocarbure condamne les habitants à vivre dans une pauvreté terrible. Aujourd'hui la loi impose un salaire minimum de 18'000 dinars algérien soit à peu près 132,52€ (et bon nombre d'Algériens travaillent pour moins que ça), contre 1498€ (brut) en France... La croissance reste bloqué à 2% alors que le chômage touche presque 25% de la population active (c'est-à-dire la population qui est en capacité de travailler), et presque 50% des jeunes, ce qui engendre évidemment une fuite des jeunes (et des moins jeunes) diplômés vers l'Europe ou dans une moindre proportion, vers l'Amérique.
Alors que pendant longtemps, la gauche du pays, les élites, se cachaient derrière le traumatisme colonial lui imputant comme conséquence tout ce qui arrivait de mauvais au peuple algérien, le peuple n'est plus dupe, et est désormais suffisamment cultivé et intelligent pour comprendre que les réels fautifs de leurs malheurs n'étaient que les dirigeants corrompus et leurs amis qui réussissent à sortir 40 milliards de dollars de capitaux chaque année de manière discrète (illégal donc).
Arnaud. BC
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Source image : Le Point
