Élections européennes de 2019 : Partie 2

Listes probables en France :
Nombreux sont les partis politiques en France qui vont présenter une liste pour les élections européennes de l'année prochaine. Aujourd'hui, un peu moins de neuf mois avant le scrutin, les partis cherchent désormais leur tête de liste, qui aurait la capacité de rassembler les électeurs. Aussi, des pourparlers entre les partis sont en cours, afin, peut-être, de créer des alliances. Nous ferons ici un point sur les listes de chaque parti, ainsi que sur leurs chances de posséder des députés, selon le baromètre IPSOS datant de juillet 2018. Il est néanmoins important de souligner le fait que ce sondage a été fait avant l'affaire Benalla, et que un an avant les élections les sondages restent très approximatifs. Les chiffres présentés ici sont donc à prendre avec beaucoup de prudence et ne reflèteront que grossièrement le résultat des élections. Les listes sont classées par ordre de majorité à l'assemblée Nationale, puis par ordre aléatoire.
La République en Marche et le Mouvement Démocrate (LREM. EM, REM ; MoDem)
La parti de la majorité, qui ne possède pas de figure d'envergure, si ce n'est le président de la République Emmanuel Macron, est encore en pleine réflexion d'une tête de liste. Parmi les possibilités, d'une part des personnalités politiques comme Daniel Cohn-Bendit (qui a tout récemment indiqué ne pas vouloir être ministre de l'écologie), ou le patron de la République en Marche Christophe Castaner. Il est néanmoins peu probable que la liste soit menée par un membre de l'exécutif, ou bien par un député. D'autre part, une personnalité civile est également envisagée pour porter la liste. LREM confirmerait ainsi (du moins sur le papier) son envie de renouveler la classe politique française. Le parti est crédité de 26%.
Les Républicains (LR)
En pleine crise politique suite à l'affaire Wauquiez et au limogeage de Virginie Calmels, celui-ci semble peiner à trouver sa ligne politique, outre celle de son président, Laurent Wauquiez, qui a du mal a donner a se trouver un cap fixe. Au sein de la droite, de nombreuses nuances existent. Ces points de vue s'opposent alors parfois totalement. Il semble donc difficile de trouver une tête de liste représentant toutes ces opinions. Sans projet clair et précis, et sans personnalité qui se détache, la décision sera prise "sans doute le plus tard possible'', comme l'explique Gilles Platret, porte parole du parti. La liste LR est crédité de 15%.
Parti socialiste (PS)
Le parti socialiste semble avoir énormément de mal à se reconstruire après l'humiliation qu'il a vécu, lui, ainsi que son candidat Benoît Hamon qui termine 5ème avec 6,36% des voix. Olivier Faure, aujourd'hui premier secrétaire du PS semble n'avoir ni carrure, ni charisme ni idée pour s'opposer au reste de la classe politique ou pour tenter de reconstruire et re-solidariser le PS. Pierre Moscovici, ancien commissaire européen serait donné favori pour prendre la tête de liste. Mais de nombreuses autres personnalités envoient également leur CV à Ivry, nouveau siège social du parti. En effet, suite à la lourde défaite aux élections législatives, de nombreux socialistes se verraient en tête de liste pour les européennes. Aussi, certains verraient Hollande tête de liste pour un retour politique, même si cela semble actuellement très utopique... Le PS est crédité de 4%.
La France insoumise (LFI, FI)
Le parti fondée par Jean Luc Mélenchon au début de l'année 2016 se porte plutôt bien pour un si jeune mouvement. Après un score très impressionnant de 19.58% aux présidentielles de 2017, l'union des socialistes, communistes et écologistes a encore un bel avenir devant lui. Groupe d'opposition le plus actif à l'assemblée nationale et premier opposant politique selon un sondage Ifop pour le JDD, Jean Luc Mélenchon et son parti doivent néanmoins réussir à réunir la rue, où les dernières manifestations sociales ont une couleur très pâle. Pour les prochaines élections, ce sont deux proches de M.Mélenchon qui devraient rafler la tête de liste : Manuel Bompard et Charlotte Girard. L'ordre n'est pas encore défini. LFI est crédité de 13%.
Rassemblement National (RN, ex-FN)
Depuis le débat raté de Marine Le Pen entre les deux tours des dernières élections, un cataclysme semble s'abattre sur le désormais Rassemblement National. Départ de Florian Philippot, baisse du nombre d'adhérents, implication de députés européens dans différentes affaires, départ du stratège économique Bernard Monot, et enfin la saisie de 2 millions d'euros par la justice. A l'agonie au niveau financier, le parti semble néanmoins garder une base électorale solide avec 18% des intentions de voix. Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen devrait conduire la liste. Au RN, les mots politique et famille ne sont jamais bien loin.
Les Amoureux de la France (DLF ; PCD ; CNIP)
C'est une plateforme composée du Parti chrétien démocrate, du Centre National des paysans et des indépendants ainsi que de Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan. Nicolas Dupont-Aignan, un ancien fidèle lieutenant de Séguin et de Pasqua, semble avoir confondu souverainisme et extrémisme lors du second tour de l'élection présidentielle après avoir conclu un contrat de gouvernement avec le RN. Après avoir quitté l'UMP en 2006 suite au bafouement du vote par référendum sur la constitution européenne, il choisit comme slogan pour son parti "ni système ni extrême". C'est raté. Néanmoins, le parti a su rebondir et tirer profit de cet échec en ayant sur le plan de la forme un projet pour ces élections. En effet, la plateforme souhaite réunir partis et et personnalités favorables à l'union des droites, des Républicains jusqu'au Rassemblement National. La tête de liste devrait être Dupont-Aignan ; il quitterait alors le palais Bourbon. Cette coalition est crédité de 7 %.
Génération.S (G.s)
Ce parti encore méconnu du grand public est celui créé par Benoît Hamon, suite à sa double défaite ; d'abord à l'élection présidentielle où il n'obtient que 6,3% des suffrages, et ensuite en tant que député, puisqu'il n'arrive pas à atteindre le second tour, et n'arrive que troisième. Benoît Hamon a donc beaucoup de temps libre, qu'il consacre à son parti. Il a pour ambition de rassembler la gauche et de devenir le premier parti de gauche. Pari ambitieux, peut être trop pour un personnage politique peu connu et qui a n'a pas réussi à rassembler la gauche pour les élections présidentielle. Benoît Hamon aura une liste pour les européennes. Le choix de la tête de liste est en revanche encore flou. Benoît Hamon a indiqué ne pas vouloir se présenter afin d'ouvrir le poste à des personnalités qui ne soient pas à Génération-s. Le parti est crédité d'environ 3% de voix.
Europe écologie les verts (EELV)
Le parti écologique de la gauche souhaite profiter de la démission surprise de Nicolas Hulot pour faire de l'écologie un des thèmes importants de cette élection. Yannick Jadot a été élu par les adhérents du parti pour conduire la liste. Le parti souhaite donc une liste avec des personnalités de la société civile qui sont acteurs dans leur vie pour faire avancer la cause écologique. Les personnalités politiques ainsi que des régionalistes compléteront cette liste afin de former une "Europe écologiste solidaire et fédérale", comme le dit Julien Bayou, porte parole national du parti. Reste maintenant à savoir si EELV va s'allier avec un autre parti de gauche, stratégie qui semble avoir été perdante à la dernière élection présidentielle. Le parti est crédité de 4%.
Union des démocrates et des indépendants (UDI)
L'UDI, qui pense être un parti assez important pour entrer au parlement européen, a choisi de ne pas s'allier à la liste LREM de la majorité présidentielle. En choisissant un discours du type "je t'aime moi non plus" avec En Marche, et ne pas prendre réellement position, le parti risque de se faire piéger et de porter à confusion les électeurs. La liste sera menée par Jean Christophe Lagarde et est créditée de 3% des voix.
Parti communiste français (PCF)
Contrairement à l'élection présidentielle, le PCF ne soutient pas la France insoumise et a choisi de conduire sa propre liste. La liste sera conduite par Ian Brossat, professeur agrégé d'histoire et adjoint au logement de la mairie de Paris. IL est assez médiatique, notamment sur la question des migrants sur l'opposition à la politique d'austérité de l'Europe, ainsi que sur les politiques budgétaires libérales du gouvernement. Malgré la hausse des inégalités et de la précarité, la liste ne semble pour l'instant pas trouver d'écho : elle est créditée de 1%.
Nouveau parti anticapitaliste (NPA)
Philippe Poutou, candidat du NPA à été découvert par de nombreux français lors du second débat du premier tour. Sa stratégie ? Défendre les ouvriers, rappeler les affaires des gros candidats, et les clasher. Il s'était également réjoui de la mort de Serge Dassault sur twitter, ce qui avait provoqué de vives réactions sur le réseau social.. "Serge Dassault le milliardaire, [...] est mort. Sans regret." Aujourd'hui, le parti semble isolé, malgré les brèves apparitions de son porte parole, Olivier Besancenot. Aucune information n'est pour l'instant disponible sur la tête de liste, une alliance avec Lutte ouvrière ne reste cependant pas impossible. Parti crédité de 1%.
Lutte ouvrière (LO)
"Travailleuses, travailleurs" ; voici la formule prononcé par Arlette Laguiller, militante communiste au début de chacun de ses discours. Aujourd'hui, il est repris pas sa fille spirituelle en politique, Nathalie Arthaud. Ce parti se revendique comme étant le seul parti communiste de France. Ce parti est sûr de présenter une liste pour les européennes. Néanmoins, la tête de liste n'est pas encore annoncée, car une alliance avec le Nouveau parti anticapitaliste n'est pas impossible. LO est crédité de 1%.
Les Patriotes (LP)
Après avoir fait HEC et l'ENA, Florian Philippot rejoint le Front National. Il le quitte après les élections législatives de 2017, suite à des désaccords politiques sur la sortie de l'Union européenne. Il crée alors son parti "Les Patriotes". La scission est peu suivie, et n'est pas comparable à celle de Le Pen-Mégret en en 1998. Florian Philippot peine à rassembler autour d'une idée pourtant audible pour une partie de la population française : la sortie de l'Union européenne. Après des pourparlers avec l'Union Populaire républicaine, qui n'ont pas abouti, LP se présente avec Florian Philippot en tête... seule figure connue du parti au yeux des français. Cette liste est créditée de 1%.
Résistons ! (R!)
Le très connu Jean Lassalle pour son parler touchant mais parfois incompréhensible tranche avec la popularité de son parti, quasi inconnu. Inclassable sur l'échiquier politique, R! devrait présenter une liste, avec très probablement Jean Lassalle comme tête de liste, liste créditée de 1%.
Union populaire républicaine (UPR)
Avec des militants très actifs sur les réseaux sociaux, François Asselineau peut également se targuer d'avoir un nombre impressionnant d'adhérents (31 850). Néanmoins cette dynamique ne se ressent pas dans les urnes, où le candidat de l'UPR a recueilli moins d'1% des suffrages. Il est crédité d'environ 1% pour les prochaines européennes, avec comme obsession la sortie de l'Union européenne, de l'Euro et de l'OTAN. La liste devrait probablement être conduite par François Asselineau.
Guillaume. V
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Palais Bourbon : Bâtiment abritant l'assemblée nationale.
Serge Dassault : Industriel français.
Scission : scindement d'un parti en deux lorsque différentes idées au sein d'un même mouvement ne peuvent plus cohabiter.
Scission Le Pen-Mégret 1998 : Bruno Mégret, alors numéro 2 du parti le quitte car ils souhaite un parti de gouvernement et non d'opposition. Il crée le MNR.
HEC : Haute école de commerce, réputée comme étant la meilleure de France.
ENA : Ecole nationale d'administration. Forme les hauts fonctionnaires.
Photo copyright : https://fdg-info13.com/2014/05/20/le-parlement-europeen-evolution-explications/
Sources : https://www.ledauphine.com/politique/2018/07/02/partis-cherchent-tetes-de-listes-desesperement
